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Interview : Marco Foyot, un champion nous parle de sa passion

Rencontre avec Marco Foyot, multiple champion du monde de pétanque. Il nous parle de son parcours, de ses secrets d'entraînement, de la vie de champion et de l'avenir de ce sport populaire.

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Isabelle Renaud
Publié le 28 mars 2026

Marco Foyot est l'une des légendes vivantes de la pétanque française. Multiple champion du monde, il a consacré sa vie à ce sport qu'il a commencé à pratiquer à l'âge de 6 ans dans le Var. Aujourd'hui entraîneur et consultant, il nous a accordé une longue interview pour Bouliste.

Vos débuts dans la pétanque

«Mon père jouait tous les dimanches sur le terrain du village, à Brignoles. J'étais là à regarder, fasciné par le bruit des boules qui s'entrechoquent, cette musique particulière. À 6 ans, j'ai voulu essayer. À 10 ans, j'avais déjà battu tous les adultes du club. Ce n'est pas de la vantardise – c'est simplement que j'avais trouvé ma vocation.»

La montée au plus haut niveau

«Le chemin a été long. J'ai d'abord gagné les championnats départementaux, puis régionaux. À 22 ans, j'ai intégré l'équipe de France espoir. Ma première Coupe du Monde, j'avais 26 ans – c'était une émotion indescriptible. On portait le maillot bleu-blanc-rouge, on jouait pour quelque chose de plus grand que soi. La pétanque m'a tout appris : la patience, la concentration, la gestion du stress.»

L'entraînement d'un champion

«Les gens s'imaginent qu'on joue deux heures par jour et c'est tout. La réalité, c'est 4 à 5 heures de pratique quotidienne au plus haut niveau. Le matin, on travaille la technique pure : des milliers de lancers répétés pour graver les gestes dans la mémoire musculaire. L'après-midi, on joue des parties complètes. Le soir, on révise mentalement. La préparation physique est aussi essentielle – la pétanque exige une grande stabilité du tronc et une concentration mentale qui épuise autant que le sport physique.»

Vos boules fétiches

«J'ai toujours joué avec des Obut. Pendant vingt ans, j'ai utilisé des Match+ 71mm, 680g, semi-dures. C'est ma main qui a fait ce choix, pas ma tête. Quand vous lancez 500 boules par jour pendant 30 ans, votre main vous dit exactement ce qu'il lui faut. Aujourd'hui j'utilise les Obut Prestige pour les compétitions. Ce sont des boules d'exception.»

L'avenir de la pétanque

«La pétanque est en pleine transformation. On voit des jeunes de 15-20 ans au plus haut niveau, ce qui n'était pas le cas à mon époque. Les réseaux sociaux ont tout changé – des vidéos de tirs incroyables font des millions de vues sur TikTok. Le sport se professionnalise, les prize money augmentent. Je suis optimiste : la pétanque sera aux Jeux Olympiques d'ici 10 ans. Elle a tout pour : accessible, spectaculaire, universelle. Le monde entier joue à la pétanque.»

Un conseil pour les débutants

«Ne cherchez pas à tirer avant de savoir pointer. La base, c'est la précision du point. Beaucoup de débutants veulent être tireurs parce que c'est spectaculaire – mais un bon pointeur qui amène trois boules près du cochonnet, c'est imbattable. Rejoignez un club, trouvez un mentor, jouez beaucoup. Et surtout, amusez-vous. La pétanque, avant d'être un sport de compétition, est un art de vivre.»